vendredi 28 mars 2014

Le château de la BASTIE D'URFE , le plus méridonal des châteaux de la Loire.

Dans la vallée du Lignon  (FOREZ)  on découvre un  grand château blanc aux toits d'ardoise, celui de la famille d'Urfé.
L'auteur de " L'Astrée", Honoré d'Urfé (1567-1625) , y a passé son enfance et  a fait du paysage qui l'entoure le cadre de son fameux roman-fleuve de 5000 pages, qui raconte les amours de la bergère Astrée et du berger Céladon. Ecrite entre 1607 et 1628, l'oeuvre fut un immense succès de librairie , qui lança la mode du roman et des "bergeries".


Au XVe siècle , les seigneurs d'Urfé avaient bâti sur ce site un manoir , une "bastie" ou bastide (= maison forte). Mais en 1535, Claude d'Urfé, grand-père d'Honoré, qui était revenu de Rome humaniste et catholique ( il y représentait François 1er au Concile de Trente , et y avait séjourné plusieurs années) , transforma le manoir en une demeure Renaissance , entièrement façonnée selon ses nouvelles valeurs. Un type de château unique dans la région.

L'aile située à droite de la cour d'honneur comporte deux galeries superposées à l'italienne.
Une rampe cavalière aboutit à une loggia. La tourelle appartenait au manoir primitif.
Les cuisines se situaient au rez-de-chaussée.

Le départ de la rampe est marquée par un sphinx, symbole de la science et de la connaissance chères aux humanistes. Elle aboutit aussi à la bibliothèque! On remarque aussi un thème chrétien à la base: christ ou homme de bonne volonté portant sa croix...

L'aile gauche (ci dessus un détail), était réservée au corps de garde.

Sous cette aile gauche, s'étend un cellier comportant 6 loges voûtées.

Les pièces du château présentent de beaux plafonds peints, et un remarquable mobilier ancien (notamment du XVIe) , ainsi que des tapisseries.

Et bien sûr , une des salles est ornée de plusieurs tapisseries illustrant des scènes de L'Astrée, comme  celle-ci par exemple semblant figurer des retrouvailles entre Astrée et Céladon.

Ici les éléments d'une admirable porte sculptée.

Mais le clou de la visite est certainement la grotte de rocaille (ou salle de fraîcheur) ménagée au rez de chaussée du corps de logis central. A gauche une figuration de l'été, à droite de l'hiver. Au fond la porte donnant accès à la chapelle du château;

Détail de l'hiver.

Mur du fond. Cette grotte parée de cailloutis, de coquillages, de sables diversement teintés, et de stalactites, au décor païen (statues antiques rapportées d'Italie comme celle de Dionysos qui a remplacé une statue du dieu Pan) est une sorte d'antichambre de la chapelle. Le passage de la grotte à la chapelle représente le passage du paganisme au christianisme.

Sur le mur de droite, une représentation de Neptune.

Le plafond...


De la chapelle ,on retiendra le très beau plafond à caissons de stuc doré...

et les remarquables reliefs de l'autel ...

représentant des scènes bibliques...(David et Goliath, le passage de la mer rouge...).

Le jardin présente une nature façonnée par l'homme...

Il est soigneusement clos; la clôture sépare le monde civilisé ,"humaniste", du monde sauvage.

Harmonie géométrique...

Tiens, ne serait-ce pas Céladon?

Le château vu du parc.

Des jeux de perspective...
Urfé est finalement le château de la Loire situé le plus au sud! (La Loire passe à quelques km).

Le jardin s'organise autour de cette rotonde centrale ,qui abrite la Fontaine de la Vérité d'Amour :elle a servi de modèle à celle qui est évoquée dans L'Astrée.

Le château est géré par la société historique et archéologique du Forez (la DIANA ) , qui l'a sauvé de la ruine en 1909, après qu'il ait été en partie démantelé par certains propriétaires (La famille d'Urfé s'est éteinte au XVIIIe siècle).

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