samedi 24 septembre 2016

SUR LES PAS DE RONSARD EN TOURAINE: VISITE DU PRIEURE SAINT COSME.

Il est situé à deux pas de Tours, sur la rive sud de la Loire. Le poète Ronsard en fut le prieur de 1565 à 1585 , c'est ce qui nous a d'abord attiré en ce lieu...
A l'origine le site constituait une île, car un bras de la Loire l'enserrait; une pêcherie s'y était installée.
Au XIe siècle, un premier monastère est créé autour d'une petite église par le trésorier de l'abbaye Saint Martin de Tours, Hervé de Buzançais.
En 1092,  une église romane plus grande est construite, ainsi qu' un nouveau cloître, et le prieuré est fondé. Des chanoines venus de la collégiale Saint-Martin, obéissant à la règle de Saint-Augustin, le gèrent.
Aux XIIIe et XIVe siècles, on ajoute un narthex (avant-porche) à l'église, un logis du prieur et on agrandit l'hôtellerie, qui a pour vocation d'accueillir des pèlerins, souvent venus par la Loire pour honorer Saint-Martin. Tours se trouve sur la route de Saint Jacques de Compostelle.
Au XVe siècle, le transept et la nef de l'église abbatiale sont reconstruits dans le style gothique.

                                             L'entrée du site.

                                               Photo: Jean-Marc.

La visite guidée commence par l'observation d'une reconstitution virtuelle de l'abbaye à son apogée. En effet, pour des raisons économiques, l'activité religieuse cesse en 1742. Les bâtiments vont alors commencer à être démantelés et les pierres sont réutilisées à d'autres fins. Si bien qu'il ne reste debout aujourd'hui que quelques éléments des constructions d'alors. Un bombardement intervenu en 1944 n'a pas arrangé les choses.
On distingue la  nef de l'église abbatiale , le transept  et l'abside circulaire ceinte de chapelles. A droite du transept s'allongent les bâtiments abbatiaux en direction du fleuve qui se situe à droite; au bout on a d'un côté le réfectoire des moines et de l'autre  (en bas) l'hôtellerie. Devant le réfectoire se trouvait le cloître, à un angle duquel était situé le lavabo (visible sur l'image). Le logis du prieur, où a vécu Ronsard, se trouve un peu en retrait, tout à fait à gauche. Le cimetière des moines se situe sur la gauche.

En 2009 et 2010, d'importantes fouilles ont permis de trouver de nombreux objets, dont ces pots, et plus de 450 sépultures de différentes époques. A la suite de ces fouilles, la roseraie qui couvrait le site a été détruite.

A été trouvé aussi ce retable qui figure Joseph présentant à la vierge et à l'enfant un donateur.

Statue de Saint-Cosme. Lui et son jumeau Saint Damien sont des saints guérisseurs.

La visite guidée se poursuit alors à l'extérieur. Au fond, on distingue le bâtiment d'accueil, qui date du XVIIIe siècle.

Voici tout ce qu'il reste de l'église : la nef a pratiquement disparu, à droite seule un arche gothique appartenant au transept sud reste debout, et au fond une partie du chœur et son déambulatoire restent visibles.

Autre vue.

A l'occasion des fouilles, la tombe de Ronsard a pu être localisée à gauche du chœur. Elle est recouverte d'une plaque où a été gravé un de ses poèmes évoquant la fragilité de la vie. 

On distingue un peu le texte ici...

Au premier plan, on voit les fondations des anciens bâtiments monastiques; à gauche le réfectoire des moines a été conservé, sans doute parce qu'une communauté villageoise avait investi le site jusqu'en 1944, ce qui avait  contribué à la sauvegarde de certains éléments. Abîmé par les bombardements de la dernière guerre,il a été restauré. A gauche de l'image, devant le réfectoire, se trouvait le cloître, qui a été démonté dès le XVIe siècle dans le but d'utiliser les pierres pour d'autres constructions.

Ici se situe ce qui reste du lavabo, qui se trouvait à un angle du cloître.

Plus près..

 Le réfectoire, d'époque romane, est utilisé pour des expositions . En 2016, le plasticien Georges Rousse y  présentait notamment une architecture immatérielle faite de journaux dont les photos ont été noircies...

La chaire du lecteur (en partie cachée par l'œuvre de Rousse), est un espace magnifiquement sculpté.

Vue intérieure.
En juillet 2010, le peintre japonais Zao Wou Ki a réalisé 14 vitraux dans le réfectoire; on en aperçoit deux ici.

Toutes les ouvertures sont ornées de colonnes à chapiteaux sculptés.

Un autre vitrail de Zao Wou Ki.

Dernier regard sur la réalisation de G.Rousse.

A gauche du réfectoire, on aperçoit l'entrée par laquelle les pèlerins venus par bateau pénétraient dans le monastère, et à droite les ruines de l'hôtellerie.

L'entrée côté fleuve de plus près.
On traverse ensuite un espace vert aménagé qui correspond à l'ancien cimetière des chanoines.

Vue latérale du logis du prieuré , à gauche de l'abside.

Le logis du prieur, où a vécu Ronsard dix années, est sorti miraculeusement intact des bombardements de 1944. Ronsard, poète officiel, y menait une vie de cour, recevant de hauts personnages.

Et nous voici dans la grande salle du rez de chaussée, avec sa grande cheminée et son plafond à poutres apparentes.

Cette tête de loup au plafond est l'aboutissement d'une poutre de la charpente.

Eléments d'un intérieur du XVIe siècle.

Ronsard s'est peut-être assis à cette table pour écrire un nouveau poème...


Cette tapisserie du début du XVIIe siècle représente le jugement de Pâris, fameux épisode censé être à l'origine de la guerre de Troie.

On accède aux combles par un bel escalier.

Et l'on peut admirer la charpente d'époque...

Pour finir, une video  fait réviser aux visiteurs leurs connaissances sur la vie de Ronsard.

FIN DE LA VISITE.

vendredi 28 mars 2014

Le château de la BASTIE D'URFE , le plus méridonal des châteaux de la Loire.

Dans la vallée du Lignon  (FOREZ)  on découvre un  grand château blanc aux toits d'ardoise, celui de la famille d'Urfé.
L'auteur de " L'Astrée", Honoré d'Urfé (1567-1625) , y a passé son enfance et  a fait du paysage qui l'entoure le cadre de son fameux roman-fleuve de 5000 pages, qui raconte les amours de la bergère Astrée et du berger Céladon. Ecrite entre 1607 et 1628, l'oeuvre fut un immense succès de librairie , qui lança la mode du roman et des "bergeries".


Au XVe siècle , les seigneurs d'Urfé avaient bâti sur ce site un manoir , une "bastie" ou bastide (= maison forte). Mais en 1535, Claude d'Urfé, grand-père d'Honoré, qui était revenu de Rome humaniste et catholique ( il y représentait François 1er au Concile de Trente , et y avait séjourné plusieurs années) , transforma le manoir en une demeure Renaissance , entièrement façonnée selon ses nouvelles valeurs. Un type de château unique dans la région.

L'aile située à droite de la cour d'honneur comporte deux galeries superposées à l'italienne.
Une rampe cavalière aboutit à une loggia. La tourelle appartenait au manoir primitif.
Les cuisines se situaient au rez-de-chaussée.

Le départ de la rampe est marquée par un sphinx, symbole de la science et de la connaissance chères aux humanistes. Elle aboutit aussi à la bibliothèque! On remarque aussi un thème chrétien à la base: christ ou homme de bonne volonté portant sa croix...

L'aile gauche (ci dessus un détail), était réservée au corps de garde.

Sous cette aile gauche, s'étend un cellier comportant 6 loges voûtées.

Les pièces du château présentent de beaux plafonds peints, et un remarquable mobilier ancien (notamment du XVIe) , ainsi que des tapisseries.

Et bien sûr , une des salles est ornée de plusieurs tapisseries illustrant des scènes de L'Astrée, comme  celle-ci par exemple semblant figurer des retrouvailles entre Astrée et Céladon.

Ici les éléments d'une admirable porte sculptée.

Mais le clou de la visite est certainement la grotte de rocaille (ou salle de fraîcheur) ménagée au rez de chaussée du corps de logis central. A gauche une figuration de l'été, à droite de l'hiver. Au fond la porte donnant accès à la chapelle du château;

Détail de l'hiver.

Mur du fond. Cette grotte parée de cailloutis, de coquillages, de sables diversement teintés, et de stalactites, au décor païen (statues antiques rapportées d'Italie comme celle de Dionysos qui a remplacé une statue du dieu Pan) est une sorte d'antichambre de la chapelle. Le passage de la grotte à la chapelle représente le passage du paganisme au christianisme.

Sur le mur de droite, une représentation de Neptune.

Le plafond...


De la chapelle ,on retiendra le très beau plafond à caissons de stuc doré...

et les remarquables reliefs de l'autel ...

représentant des scènes bibliques...(David et Goliath, le passage de la mer rouge...).

Le jardin présente une nature façonnée par l'homme...

Il est soigneusement clos; la clôture sépare le monde civilisé ,"humaniste", du monde sauvage.

Harmonie géométrique...

Tiens, ne serait-ce pas Céladon?

Le château vu du parc.

Des jeux de perspective...
Urfé est finalement le château de la Loire situé le plus au sud! (La Loire passe à quelques km).

Le jardin s'organise autour de cette rotonde centrale ,qui abrite la Fontaine de la Vérité d'Amour :elle a servi de modèle à celle qui est évoquée dans L'Astrée.

Le château est géré par la société historique et archéologique du Forez (la DIANA ) , qui l'a sauvé de la ruine en 1909, après qu'il ait été en partie démantelé par certains propriétaires (La famille d'Urfé s'est éteinte au XVIIIe siècle).

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7- LOCHES , cité fortifiée.
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9- Le château de SULLY-SUR-LOIRE.
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10- Balade sur la rive sud de la Loire , entre Orléans et La Charité-sur-Loire.
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Le clos Lucé à Amboise.

lundi 10 mars 2014

NEVERS :le palais ducal.XVe s .


Belle surprise , pour le visiteur qui découvre Nevers, que ce superbe palais du XVe siècle construit pour Jean de Clamecy, comte de Nevers ; il a remplacé à l'époque un château féodal  ; il a été remanié au XVIe par la famille de Clèves ,qui a fait ajouter notamment un somptueux escalier central. Ce fut le château des comtes puis des ducs de Nevers. La perspective créée par l'esplanade qui descend en direction de la Loire est magnifique. Il abrite aujourd'hui la mairie et divers services.