jeudi 29 juin 2017

A VOIR: LE CHATEAU DU LUDE (vallée du Loir).

Le château du Lude est situé dans la petite ville du même nom, localisée dans la vallée du Loir et dans le département de la Sarthe.
Il est au carrefour , stratégique autrefois, de l'Anjou, du Maine et de la Touraine.
Au Xe siècle , existait sur place une motte féodale. Puis un château-fort flanqué de 6 tours massives et entouré d'une profonde douve sèche est édifié du XIII e au XVe siècles. Un ouvrage défensif en forme d'éperon, séparé du château par un fossé, s'étend de plus jusqu'au Loir.
Ensuite son architecture évolue au fil des siècles (XVe-XVIes, XVIIes, XVIIIes, XIXes). Le château reflète ainsi assez bien l'histoire de l'architecture.

On accède au château depuis la ville vers laquelle il est tourné..


Première vision du château (côté ouest).
L'édifice actuel a un plan en fer à cheval, ouvert du côté de l'entrée principale. 4 tours médiévales massives  à mâchicoulis sont présentes aux angles d'une construction de plan à l'origine quadrangulaire. Dans la 2e moitié du XVIIIe siècle, l'architecte Jean-Vincent Barré supprime les bâtiments précédant la cour d'honneur (visible au fond, de décor XVIIe) et les remplace par un portique à trois arches qui relie les deux tours ouest.

  Plan du site (cliquer sur l'image pour l'agrandir):

Le parc s'étire le long du Loir, en direction du sud.

Nous commençons à contourner le château vers la droite, en direction du sud.

On découvre alors la façade sud.

       La façade sud  (côté parc) est de style Renaissance. Jean de Daillon, chambellan du futur Louis XI et nouvel acquéreur du château, entreprend d'en faire une demeure de plaisance, chantier qui sera poursuivi par ses héritiers. Entre 1510 et 1525, sur l'ordre de son fils Jacques, compagnon de François 1er, les façades sont percées de grandes fenêtres à meneaux, encadrées de pilastres et de frontons finement ouvragés dans le style de la Renaissance italienne. Plusieurs médaillons où s'inscrivent des bustes à l'antique, inspirés des médailles romaines, décorent cette façade.

Le château paraît ici moins imposant qu'il ne l'est en vérité, car il est précédé d'une terrasse qui cache les profondes douves sèches médiévales. On ne voit ici que quatre étages (pièces de réception, chambres, pièces de service, greniers) sur les six que comporte la construction (les deux étages de douves comportant les caves, puis les cuisines sont masquées).

Détail d'une fenêtre à meneaux d'une tour.

Détail d'une lucarne, au sommet d'une tour.
Une parenté avec les retables "lavallois" de certaines églises de l'ouest de la France.

Empruntons à présent l'allée ombragée qui longe la limite ouest du parc et qui permet au promeneur d'amorcer sa visite de celui-ci  sans souffrir de la chaleur estivale ( on comprend mieux l'importance des arbres dans ces parcs de châteaux).

 Depuis l'allée d'arbres, et au delà de la terrasse, la vue s'étend au loin sur la campagne environnante, en fait un "parc agricole" émaillé d'arbres centenaires aménagé au XIXe siècle.

Une autre vue de la façade sud depuis le fond de la terrasse.

Vue de l'angle est de la terrasse. Une statue de marbre blanc à sujet  mythologique orne cet angle. Elle serait l' ouvrage d'un sculpteur manceau nommé Jean Mongendre qui exerçait au XVIIe siècle.

Elle représente  l'étreinte mortelle d'Hercule étouffant le géant Antée, sujet  souvent traité à la Renaissance, par  exemple par Pollaiolo (une sculpture romaine trouvée au XVe siècle aurait inspiré les artistes de l'époque). Antée, fils de Neptune et de la Terre, lutteur invincible, reprenait force chaque fois qu'il touchait terre. Hercule parvint à le vaincre en le soulevant du sol.

Notre promenade nous emmène à présent au bord du Loir, en contrebas de la terrasse.

Ici une curiosité: un faux troupeau en métal, œuvre d'une artiste locale.

Nous nous dirigeons vers le "jardin de la source" repérable au charmant kiosque qui l'orne.

Jardin en vue.


Le kiosque, d'inspiration chinoise,  et le jardin. Au printemps fleurissent
                        hellébores, euphorbes, pivoines chinoises, géraniums vivaces.

La source est en effet à trouver au fond d'une grotte artificielle.

Le parc se prolonge par une zone boisée qui s'étire le long du Loir.

Par un charmant chemin ombragé qui a presque le caractère d'un tunnel de verdure, on peut prolonger la promenade dans cette partie boisée.

Tiens, un calvaire.

Le chemin se poursuit, mais revenons plutôt en arrière.

Nous voici revenus en vue du château ,qui domine la grande terrasse. Au premier plan, un arbre remarquable sans doute un cèdre pleureur. Depuis 2008, une "promenade botanique" permet de ce côté d'admirer des arbres venus de Chine ou d'Amérique.

A gauche de la terrasse est aménagé un jardin à la française. On aperçoit à droite le pont sur le Loir sur lequel passe la route qui donne accès au Lude.

Vue de château depuis le jardin à la française.

Au bout de ce jardin, on peut accéder aux douves sèches.

Nous voici dans la vaste et profonde douve sèche.Un pont en pierre relie depuis la fin du XVIIIe siècle le parterre de l'Eperon (à droite), à la grande terrasse.

Tiens, un souterrain!

Un coup d'œil à l'intérieur?

Nous avons grimpé quelques marches, et nous nous trouvons dans le "jardin de l'Eperon", ainsi nommé parce qu'il a été installé en 1997 sur l'éperon défensif médiéval qui rejoint le Loir.


Au delà de ce jardin, se présente à nous la façade néoclassique créée du temps de la marquise de la Vieuville (après 1785) par l'architecte Jean Vincent Barré. Il arase côté rivière (côté est) la basse cour et ses deux tours (c'est pourquoi il n'en reste que 4), et il édifie cette nouvelle aile. Il comble aussi le fossé qui séparait le château et l'éperon et crée ainsi un vaste parterre qui s'étend jusqu'au Loir.
Il relie aussi, comme nous l'avons dit, le parterre de l'Eperon à la grande terrasse par un pont en pierre.




Le jardin de l'Eperon comporte principalement une roseraie qui présente différentes variétés de roses, accompagnées d'une profusion de plantes vivaces.

Au fronton de cette façade, on remarque les armes des Talhouet-La Vieuville (trois pommes de pin et trois têtes de loups). La marquise de La Vieuville laissera après 1792 le château à sa fille, épouse de Louis Céleste de Talhouët. La famille de Talhouët restera propriétaire du château jusqu'en 1948.

Coup d'œil sur la façade Nord :

La façade Nord donne sur la ville, elle écrase même de sa masse le quartier environnant. Sa décoration néogothique date du XIXe siècle: entre 1852 et 1912, elle est l'objet d'une restauration dans ce style par les marquis de Talhouet-Roy, alors propriétaires.
Sur la tour de gauche, on remarque la présence d'un porc épic, emblème de Louis XII  et sur la façade une statue équestre représentant sans doute le roi. Il y a eu une volonté de redonner de ce côté un aspect médiéval au château.

La statue équestre.
Remarquons l'arc gothique qui l'encadre.

La base gothique de la façade et la douve sèche.

Retour au parc:


Nous repassons devant la façade sud (Renaissance) pour gagner les communs.


Les communs jouxtent le centre ville (on aperçoit l'église toute proche).Ils datent de l'époque Renaissance. Ce premier bâtiment abrite un grenier à blé et des écuries.

Le grenier à blé est surmonté d'une très belle charpente.

On attachait les chevaux ici...

Intérieur d'une écurie.

Au passage, on retrouve la perspective vers la campagne.

Cet autre bâtiment est visiblement aussi une écurie.

Un 3e bâtiment est aujourd'hui à usage privé.

Vue de la cour intérieure.

Il existe enfin, à l'arrière des communs, un grand potager.

COUP D'OEIL SUR L'INTERIEUR DU CHATEAU:

Les styles de la décoration intérieure du rez-de-chaussée (pièces de réception) sont fonction de l'aile du château concernée. L'aile  XVIIIe se caractérise par une enfilade de salons de style Louis XVI. L'aile sud , à façade Renaissance, et l'aile Nord , dont la façade a été restaurée au XIX e dans le style néogothique , ont une ornementation Renaissance.

Le vestibule

La galerie Renaissance : plafond peint, cheminée en pierre monumentale ...

Le studiolo, cabinet de peintures à l'italienne, est la pièce la plus ancienne (XVIe s). Le plafond est attribué à l'école de Raphaël. Une telle pièce est très rare dans un château français. Camouflé au XVIIe sous une couche de plâtre, il a été remis à jour en 1858 par le marquis Auguste de Talhouët-Roy.
Les anciennes cuisines (XVe s), situées au 2e étage des douves, dans l'aile sud, ont été restaurées en 1933 et sont toujours utilisées.

PETIT RECAPITULATIF:
les propriétaires successifs.

- 10 au 15e siècle: des seigneurs successifs: les comtes d'Anjou, puis la famille de Beaumont (de 1040 à 1253), la famille de Brienne par mariage (1253-1378), la famille de Vendôme par succession (1378-1451).
- De la Renaissance au XVIII e siècle: la famille de Daillon, d'origine poitevine , acquiert le château, pour 7 générations (1457 - 1685), puis il est légué au duc de Roquelaure, et échoit aux ducs de Rohan jusqu'en 1751.
- Du XVIIIe à nos jours: Joseph Julien Duvelaër , riche armateur malouin, achète le château en 1751;  il laissera ses biens à la fille de sa sœur la marquise de la Vieuville , qui remaniera le château avec l'aide de l'architecte JV Barré. Enfin, elle lègue elle-même le château à sa fille, épouse de Louis Céleste de Talhouët. La famille de Talhouët en sera propriétaire jusqu'en 1948. Auguste de Talhouët-Roy, autour de 1850, apportera des transformations au château (aile néo gothique).
En 1948, à la mort du  marquis René de Talhouët-Roy, le comte René de Nicolaÿ, son petit-fils hérite du château. Le propriétaire actuel est le fils de ce dernier, le comte Louis-Jean de Nicolaÿ qui y habite avec son épouse et ses 4 enfants.

DANS LES ENVIRONS DU LUDE:

Coup d'œil à une jolie vue sur le Loir dans le village de  VAAS (Sarthe).

Vue prise depuis le pont sur le Loir;

On aperçoit ici l'église Notre Dame, ancienne église abbatiale devenue paroissiale.

Un charmant lavoir.

Ces grandes bâtisses sont d'anciens moulins.




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